Je n'ai jamais été en amour.
Vous savez, le truc avec les fleurs partout, les oiseaux qui gazouillent et le soleil qui sourit. Bon, je sais que ce n'est pas ça l'amour. Ou pas que ça.
C'est quoi aimer? Je ne suis même pas sûre de savoir ce que c'est qu'aimer ses parents, le reste de sa famille, ses amis ou ANYBODY. Alors, qu'est-ce que j'en sais pour l'Amour, celui avec le grand A?
Il n'y a jamais eu personne dans ma vie.
Aucun homme. Ni de femme ou même de chèvre. (N'allez pas croire que je veuille une chèvre dans ma vie.)
Je ne parle pas de ma famille ou de mes amis que font partie de ma vie. Mais de quelqu'un dans ma vie.
*Je ne dis pas ça pour me plaindre. Non, c'est même plutôt froidement que j'en viens à le dire, comme un constat.*
Mais je ne sais pas non plus c'est quoi la vie. Est-ce que c'est ça, et c'est tout? Je veux dire, on vit sa petite vie, voilà, et PAF! Cest fini?
Et après? Qu'est-ce qu'il y a après la mort? L'après, c'est quoi? Le paradis, l'enfer, une autre vie, rien... C'est quoi?
Et le bonheur? Est-ce qu'il n'est qu'éphémère? Peut-il durer? Ai-je été heureuse?
Oui. Parfois. Des fous rires, j'en ai eu. Et j'étais tout simplement bien. Sans trop me poser de questions. Les fous rires ne sont causés que par des choses insignifiantes. Pensez-y, on peut pas avoir le fou rire pour une joke au deuxième, troisième, ou quelqu'autre degré. C'est toujours une conneries de premier niveau, stupide, sans but, mais c'est tellement drôle! Est-ce que le bonheur n'existe que lorsqu'on ne se pose pas de questions, comme dans ces moments-là? Est-ce seulement l'imbécile qui peut être heureux?
Oui. Après de longues marches dans ma ville, le soir souvent, la nuit surtout, seuls ou presque, la liberté à fleur de peau, la lumière dans l'obscurité. Ces moments, où on parle plus loin, où on chante plus mieux, où on déconne plus sérieusement, qu'à la clarté du soleil. Où se découvre dans le noir et le halo de lampadaire orange laitte, sous un ciel d'étoiles imaginaires.
Oui. Sur une scène où je ne suis plus moi. En fait, où j'essaie de ne plus être moi. Mais peu importe. Devant une scène où je vois ce qui n'est pas. En fait, où j'essaie de voir ce qui n'est pas. Mais peu importe. Peu importe parce que ce mensonge n'en est pas un puisqu'on y croit.
Oui, mais jamais longtemps.
Est-ce que c'est assez?
Et demain?
Je dois rentrer travailler demain.
J'ai prévu retrouver quelqu'un. À la rencontre de l'espoir. Je ne sais pas si c'est ce quelqu'un dans ma vie. Je ne le connais pas vraiment. Mais peut-être. Jusqu'à maintenant, il est ce qu'il y a de plus proche de ce peut-être. Je ne le saurai probablement jamais, il sera pour toujours un peut-être.
Après-demain? Dans une semaine, un mois, un an...
Je l'ignore. Je ne sais pas ce qu'il y a après, je l'ai déjà dit.
Et tout ça mainenant n'a plus d'importance.
Pour l'instant, il n'y a de place que pour
--------------------------------------------------------cette lumière. Blanche. Trop blanche, aveuglante.
--------------------------------------------------------cette douleur. Aigüe. Trop aigüe, étourdissante.
--------------------------------------------------------cette fin. Nette. Trop nette, énervante.
Je n'aurai aucune réponse.